Cancer, la recherche avance

Si aujourd’hui 280 000 cancers sont diagnostiqués chaque année, 1 cancer sur 2 est soigné et le taux de survie est en augmentation de 6 à 7 %. Des chiffres porteurs d’espoirs qui illustrent les progrès de la recherche. Le point sur les dernières avancées.

Qu’est que le cancer ? Une maladie due à une croissance anarchique et incontrôlée des cellules à la base des tissus. Dans un organisme sain, les cellules poussent, se divisent et se renouvellent d’une façon ordonnée mais il arrive parfois qu’elles se divisent trop rapidement et croissent anormalement.

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cellules tumorales

Elles fabriquent alors du tissu excédentaire qui forme les tumeurs. Il en existe deux sortes : les tumeurs bénignes non menaçantes pour la vie du sujet, et les tumeurs malignes qui, elles, sont cancéreuses. A terme, en se propageant dans le sang et la lymphe, elles vont envahir les tissus et les organismes sains avoisinants pour former de nouvelles tumeurs, appelées métastases. Ce pouvoir de diffusion rapide explique la nécessité de les détecter au plus tôt. Pour y parvenir, la recherche investit des domaines aussi variés que la biologie moléculaire, la génétique, l’immunologie ou encore l’imagerie médicale 3D.

Des thérapies de plus en plus ciblées

Depuis les années 80, les biologistes moléculaires se sont attachés à décrire les mécanismes à l’origine des tumeurs. Ainsi, ils ont découvert des anticorps qui agissent spécifiquement sur les cellules tumorales et bloquent leur prolifération. C’est le cas du cancer du sein pour lequel on a constaté dans 20 % des cas une surfabrication de la protéine HER2 par les cellules tumorales. Cette découverte a conduit les laboratoires à élaborer un médicament du nom de Herceptin. Un anticorps dont l’action est dirigée spécifiquement contre cette protéine. Les résultats sont très satisfaisants puisque cette molécule permet, en complément de la chimiothérapie, d’améliorer considérablement le contrôle de la maladie et de prévenir les récidives. Un autre médicament du nom de Lapatinib qui réagit également à cette protéine est cours d’autorisation transitoire d’utilisation. Le principe de la thérapie ciblée est à l’origine de grands succès face à des pathologies comme la leucémie myeloïde chronique, ou certains sarcomes digestifs rares au niveau de l’abdomen (GIST).

dépistage du cancer du sein

La pharmacogénétique porteuse d’espoir

Cette technique vise à mettre au point des traitements “à la carte” selon le génome de chaque individu. Même si actuellement, la personnalisation des traitements repose plus sur la caractérisation de la tumeur que sur celle de l’individu propre. En effet, chaque organisme secrète des enzymes (protéines qui accélèrent les réactions biochimiques) différentes qui, selon leurs spécificités, rendront plus ou moins efficace tel ou tel médicament. Progressivement, les biologistes mettent ainsi en place des profils très précis des tumeurs auxquels on peut adapter des traitements plus spécifiques et donc plus efficaces.

Des puces à ADN pour mieux connaître les tumeurs

Toujours selon le même principe, les chercheurs travaillent sur la piste génétique. Ils ont récemment mis au point les puces à ADN. Avec ces outils à peine plus grands qu’un ticket de métro, il devient possible d’étudier les modifications de l’ensemble des gènes au cours du développement d’une tumeur. Le but : établir une sorte de carte d’identité des tumeurs pour qu’à terme, un traitement “à la carte” puisse être proposé à chaque patient..

De l’immunothérapie à la vaccination

La défense de notre organisme contre une infection ou une tumeur repose sur une kyrielle d’acteurs. Parmi eux, les lymphocytes T viennent d’être identifiées par les chercheurs français comme étant des agents cytotoxiques (qui détruisent la cellule) puissants. Dotées d’un récepteur membranaire, elles identifient les cellules infectieuses ou tumorales et leur envoient une charge mortelle d’enzymes. Une découverte qui a conduit les chercheurs à

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investiguer un autre domaine, celui de la vaccination.  S’il n’existe à l’heure actuelle aucun vaccin anti-cancer à proprement parler, le recours aux vaccins antiviraux a fait ses preuves. Lorsqu’une infection devient chronique, elle est source de développement du cancer. L’idée est donc d’empêcher l’infection par la vaccination : l’introduction d’un fragment de virus dans l’organisme va déclencher une réponse immunitaire, c’est à dire fabriquer des anticorps qui lutteront contre toute infection à venir. Par exemple, en vaccinant contre le HPV (Human Papilloma virus) à l’origine d’infections chroniques au niveau de la muqueuse vaginale, on prévient indirectement le cancer du col de l’utérus. De même, le vaccin contre l’hépatite B permet de prévenir à terme le cancer du foie. Cependant ses résultats restent soumis au temps et à la réaction éventuelle des patients face aux effets secondaires.

La néo-angiogénèse pour stopper la prolifération des cellules cancéreuses

Les cellules de l’organisme sont alimentées par le sang en oxygène et en glucose, deux facteurs indispensables à leur croissance et leur renouvellement. A partir de ce constat et sachant qu’un cancer résulte de la multiplication anarchique des cellules, les chercheurs travaillent à empêcher la vascularisation des cellules pour en stopper la prolifération et en réduire la taille. Des médicaments qui ont pour but de bloquer la création de nouveaux vaisseaux, ont prouvé leur efficacité dans le traitement du cancer du rein et du colon.

La tomothérapie

tomothérapie

Depuis peu, sous l’impulsion de l’Institut National du Cancer, une nouvelle forme de radiothérapie (traitement par irradiation) est pratiquée en France : la tomothérapie. Issue d’une technologie innovante s’appuyant sur l’imagerie 3D, la tomothérapie optimise la dose d’irradiation par rapport au volume tumoral, limite l’exposition des organes sains, et devrait à terme permettre l’augmentation de la dose délivrée dans la tumeur. Le premier patient français a été traité par tomothérapie le 10 janvier dernier à l’institut Curie. Depuis une vingtaine d’autres patients en ont bénéficié. Pratiquée pour traiter certains cancers des voies aéro-digestives (bouche, nez, larynx, pharynx), du sein (avec atteinte de la glande mammaire et des ganglions) ou des poumons, elle représente une grande avancée pour les tumeurs difficiles à irradier avec les techniques classiques. A en juger par ses résultats très encourageants, elle devrait être largement étendue en France et son utilisation, généralisée à une majorité de tumeurs.

Remerciements aux Professeurs Jean-Yves Pierga de l’Institut Curie et Pierre Oudet, du CHRU de Strasbourg.

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