Christophe Lambert : « une rencontre n’est jamais anodine »

Le comédien Christophe Lambert signe son premier roman « La fille porte-bonheur ». Un livre sensible et émouvant qui se lit comme un polar.

Christophe Lambert, sweet shirt Ed Hardy, jeans et tennis bleu marine, nous a donné rendez-vous au Crillon. Mais ce matin-là, une partie du personnel du palace parisien agite des banderoles CGT et revendique une augmentation de salaires. Nous nous installons dans un salon où nous pouvons démarrer l’interview… dans un calme relatif.

Photo de Christophe Lambert

Vous aviez envie d’écrire un roman ?

Ce livre me trottait dans la tête depuis vingt ans. J’ai rencontré Muriel Beyer, la directrice de Plon, qui m’a proposé de lui envoyer vingt pages. Elle m’a dit : « Cela me plaît l’histoire de la seconde chance. » Pendant huit mois, j’ai écrit entre dix minutes et quatre heures par jour, selon mon humeur.

Quel est le thème de ce conte de fées moderne qui se déroule à Los Angeles ?

Mike est un pianiste de génie dont la carrière est brisée à 18 ans, suite au décès accidentel de sa mère. Vingt ans plus tard, la vie lui sourit à nouveau. Il rencontre Lucy dont il tombe amoureux et Jamie, un producteur, qui lui donne sa chance. J’aime l’idée que le destin peut basculer à tout instant, de manière positive. Il faut savoir dire oui avec son instinct, prendre des risques.

Pourquoi un héros pianiste ?

Je suis fasciné par le piano, sa puissance physique. Il se dompte comme un taureau dans une arène. Lorsque j’étais enfant, j’ai choisi le judo plutôt que le piano. Dommage ! Mais le judo m’a aidé dans les films que j’ai tournés sans forcément canaliser mon énergie. Un pianiste est en nage à la fin d’un concert. Il se donne tant sur le plan physique que sur le plan mental.

Avez-vous souffert de manque d’affection comme Mike ?

Lorsque je suis né mon père avait 48 ans. Cette différence d’âge n’a pas facilité une complicité entre nous. Par ailleurs, il était diplomate à l’ONU et j’ai reçu une éducation stricte pendant mon enfance. Mon meilleur ami, c’était Tintin. Vers l’âge de 12 ans, j’ai commencé à avoir des amis et des petites copines qui ont pris le relais.

Avez-vous une femme porte-bonheur ?

J’ai deux femmes porte-bonheur. Ce sont ma fille, Eleanor, et Sophie Marceau avec laquelle je partage ma vie. Je crois aussi aux entités célestes qui peuvent nous protéger, nous éviter un terrible accident.

Reportage sur l’histoire sentimentale de Christophe Lambert et Sophie Marceau :

Au début de votre roman, Prince, le chien de Mike, est son seul compagnon. Avez-vous un chien ?

Un chien, c’est formidable. Il donne à son maître un amour inconditionnel. Mike se serait flingué s’il n’avait pas eu son chien. J’ai acheté un Berger Allemand. Mais je devais le mettre dans la soute de l’avion afin qu’il m’accompagne dans mes voyages. Ce n’était pas l’idéal. J’ai fini par le donner à une amie qui a une grande maison.

Avez-vous déjà eu des idées suicidaires comme Mike ?

Non, jamais car je suis un éternel optimiste. Il faut aller jusqu’au bout de sa vie. C’est une forme de contrat. J’espère mourir vieux en plein travail, par exemple sur le tournage d’un film ou en faisant du jardinage.

Envisagez-vous de faire un film à partir de ce roman ?

Je ne l’ai pas écrit en pensant que cela pourrait devenir un film. Mais c’est vrai que les scènes sont très visuelles. Pourquoi pas un film ? Pour la première fois, j’aimerais être le metteur en scène, car je porte en moi cette histoire. Je pourrais éventuellement jouer le rôle de Jamie. Il me faudrait trouver un acteur d’une quarantaine d’années qui ne soit pas trop lisse pour incarner le rôle de Mike.

Avez-vous aimé être dirigé par Sophie Marceau dans La Disparue de Deauville ?

Oui. Elle a pensé à moi pour le rôle et c’est ainsi que nous avons fait connaissance. Nous nous étions rencontrés vingt ans plus tôt lors d’un dîner et ne nous étions jamais revus. Une rencontre n’est jamais anodine. Simplement, ce n’est pas forcément le bon moment. Derrière la caméra, les femmes sont plus explicatives, plus ouvertes, plus généreuses que les hommes.

Quels sont vos prochains films en tant qu’acteur ?

Bientôt à l’affiche Ghost Rider : Spirit of Vengeance avec Nicolas Cage. En octobre, je vais tourner La Braconne de Samuel Rondière.

Vous aimez aussi faire du business. Dans ce domaine, quelles sont vos dernières réalisations ?

J’ai créé le site www.wigiwig.com, il y a deux ans. C’est un site d’échange d’objets et de services qui est gratuit. On peut vendre, louer ou donner ce que l’on veut. Vendre une maison, donner un scooter, échanger des cours de cuisine contre des cours d’anglais. Et c’est 100 % gratuit ! Nous avons fidélisé 100 000 membres.

Comment s’organise votre vie ?

Je partage ma vie entre Paris -avec Sophie Marceau-, Los Angeles où réside ma fille et Genève où ma mère réside. Cela me convient très bien, car je n’aime pas la routine.

Christophe Lambert se dévoile à travers ses films préférés. Visionnez :

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