Une escapade à Collioure, le Saint-Tropez catalan

Texte et Photos par Corine Moriou.   

port collioure

Collioure, la cité des peintres, est le Saint-Tropez catalan. Mais l’ambiance reste simple, bon enfant. Découverte de quelques talents au détour des ruelles animées.

A Collioure, on parle catalan, on boit de la sangria et l’on flâne dans les ruelles. Nous ne sommes qu’à 20 km de l’Espagne… et l’on a cette étrange impression de ne plus être en France. Rien d’étonnant puisque Collioure a successivement appartenu aux rois d’Aragon, de Majorque, puis de France. Vauban, le célèbre ingénieur et architecte militaire, a fortifié le château royal qui domine la baie et ses criques sculptées. L’église Notre-Dame-des-Anges, le fort Saint-Elme et la Tour de Madeloc renforcent l’éclat historique de ce pittoresque port de pêche de 3 000 habitants.

Souvent comparé à « une parfaite carte postale », Collioure reste un village plein de poésie, même lorsqu’il est envahit de touristes pendant la période estivale. La journée démarre par le marché, sur la Place du Maréchal Leclerc, où se regroupent les artisans et petits producteurs de la région. Nous achetons un chapeau de paille, car le soleil tape très fort. Puis, nous remplissons notre panier de produits locaux : pêches juteuses, melons, poissons frais… sans oublier les célèbres anchois. Il n’y a plus que deux entreprises artisanales qui produisent ce petit poisson. Les maisons Roque et Desclaux font visiter leurs ateliers et déguster leurs différentes préparations. Elles bénéficient du prestigieux label « Anchois de Collioure ». A La Cave des Dominicains, une très belle bâtisse du XIV ème siècle, nous profitons de la fraîcheur et dégustons le vin de Banyuls, un grand cru !

Ciel bleu, volets lilas, façades ocres : Collioure est une ville heureuse, rieuse qui ne se prend pas au sérieux et chante avec les cigales. Nous longeons le château, contournons la plage, découvrons ces paysages rendus célèbres par un coup de pinceau. Ils correspondent aux tableaux réalisés par Henri Matisse et André Derain durant l’été 1905. Quelques mois plus tard, les deux grands maîtres exposeront au Salon d’Automne, à Paris. Le Fauvisme est né et crée alors le scandale. C’est la libération de la couleur ! Aujourd’hui « Le Chemin du Fauvisme », permet d’arpenter les ruelles sur les pas de Matisse et Derain à travers un parcours de 20 reproductions de leurs œuvres, installées là où elles ont été peintes. Un vrai bonheur !

Peintre

Le Musée d’Art moderne de Collioure (fonds Peské) est de taille modeste. « L’ exposition temporaire chasse l’exposition permanente, nous devons reléguer les toiles dans les caves », nous explique la conservatrice. Mieux vaut donc se renseigner pour ne pas être déçu. Nous espérions découvrir quelques œuvres majeures. Ce sera pour une autre fois. A partir des jardins du Musée, nous grimpons la colline au milieu des oliviers pour atteindre le moulin à huile de Pams. Puis, nous poursuivons notre ballade bucolique jusqu’au Fort Saint-Elme où les vignes semblent piquer une tête dans la mer. Le petit train de la Côte Vermeille est aussi une façon amusante – et plus reposante – d’accéder à ce panorama exceptionnel.

De retour au cœur de la ville, nous déambulons dans les ruelles où les galeries, restaurants, et boutiques de souvenirs font le bonheur des badauds. Chevalets, céramiques, maquettes de barques catalanes, espadrilles… il y en a pour tous les goûts. Légèrement en retrait des rues « commerçantes », nous découvrons l’atelier galerie de Nicole Garilli, peintresse et résidente à Collioure. Nous sommes sous le charme de ses personnages expressifs et colorés. « La lumière de Collioure n’est pas un mythe, elle me ravit, elle me remplit, c’est une puissante source d’inspiration », s’enthousiasme la jeune femme à la crinière rousse dont les gouaches s’exportent un peu partout en France. Pour un prix raisonnable, nous faisons l’acquisition de l’une de ses œuvres semi-abstraites.

Les Templiers

Longue halte aux Templiers, un hôtel restaurant qui était le point de chute d’artistes comme Picasso, Dufy, Mucha, Dali… Qui ne connaît pas l’histoire de ce lieu mythique ? « Jojo Pous offrait le gîte et le couvert à tous ceux qui n’avaient pas un sou. Pas seulement les artistes, mais les gens démunis, tient à rectifier Patrick Palacio, l’actuel gérant, un fidèle au service de l’établissement depuis 30 ans. C’était un homme vraiment généreux et charismatique. Tout le monde l’adorait. » Les murs sont couverts de toiles et de dessins, en témoignage d’amitié pour la famille Pous. Pas moins de 2 500 œuvres ! Finalement, c’est le musée le plus spectaculaire de Collioure lorsqu’on a la chance de pouvoir monter dans les étages, découvrir quelques chambres et pénétrer dans la salle de réception.

Nous regagnons Le Grand Hôtel du Golfe situé sur la Corniche. Vitrine de l’art de vivre en Catalogne, ce boutique hôtel au design original est la meilleure adresse des environs. Il a véritablement une âme. Ce n’est pas tout à fait un hasard. Sa propriétaire, Marie-Jaume Danoy, est une artiste peintre du pays.

1 commentaire - Ecrire un commentaire
  1. Très bel article. Je vous remercie d’avoir cité le Grand Hôtel du Golfe et suis ravie de voir que vous avez apprécié votre séjour. J’espère avoir le plaisir de vous accueillir à nouveau.
    Bien à vous
    Marie

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