Une semaine à La Havane

Les jours raccourcissent, les températures baissent… Une seule envie, s’envoler pour des contrées lointaines et ensoleillées. Pour vous Temps Libre est allé prendre la température de la Havane.

The Cuba Skate team along with founder Miles Jackson work on cleaning up and building a new ramp at the Havana skate park this weekend.
Havana

La plus grande des îles caraïbes épouse un peu la forme d’un gros crocodile. Mais pour le touriste, ses centaines d’îlots et de kilomètres de plages ressemblent plutôt à autant de perles de nacre. Si on l’a appelée le “paradis socialiste”, vu de l’intérieur, le socialisme n’a plus grand chose d’enchanteur : on manque de tout à Cuba ! Mais les Cubains, peuple vraiment formidable, ont conservé l’essentiel : leur humour, leur sourire, leur naturel, leur sens de l’hospitalité et… de la fête. Reportage.

22h. Heure locale.

Nous atterrissons à l’aéroport José Marti. Nous sommes en territoire communiste : “il va falloir se méfier de tout”, nous a-t-on prévenu ! Contrôle des visas, des passeports, tout se déroule pourtant normalement. Les premières personnes rencontrées sont charmantes : “Bon séjour à Cuba !”, nous lance la femme au contrôle des douanes… À l’extérieur, il fait chaud et humide. Peinte sur un mur, une pensée de Fidel : “Defenderenos nuestras conquistas al precio que sea necesario” donne le ton. Nous sommes rapidement mis dans l’ambiance…

Cuba. Morro Castle and entrance to Havana Bay, seen from the La Cabaña at dusk. Beautiful tropical garden in the foreground.

 

Nous déposons nos bagages à la Casa Particular (chambre d’hôte) d’Alexandre et Lydia. Située à quelques pas du Malecòn dans le quartier Centro Habana, la demeure coloniale est splendide, bien qu’un peu décrépie, et l’accueil chaleureux. Notre chambre à l’étage donne sur un charmant patio où nous prendrons l’habitude de déjeuner chaque matin. En plus de louer ses chambres, notre hôte professeur d’histoire, s’avère un excellent guide. Il connaît la ville dans ses moindres secrets et travers. Alexandre est un privilégié à La Havane. En effet, son activité lui rapporte environ 50 “chavitos” par jours, soit environ 50 e alors qu’un cubain gagne en moyenne 10 e par mois.

Un contraste détonnant

La HabanaLa Habana

Depuis sa fondation en 1519, la Ciudad de La Habana est devenue la perle des capitales du Nouveau monde. Courtisée tour à tour par les colons espagnols de la route des Indes puis par les riches américains sous le règne de Batista et aujourd’hui par les touristes du monde entier, la ville garde le souvenir de ces incursions successives.

Son centre historique, inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité depuis 1982, est le legs de la grande bourgeoisie catholique espagnole qui a investit ses richesses dans la réalisation de prestigieuses demeures. L’atmosphère de délabrement et la vie bouillonnante qui y règnent aujourd’hui forment un contraste détonnant pour l’étranger. Les palais somptueux côtoient l’habitat populaire. Au détour des rues, chaque persienne dévoile l’intérieur d’immeubles, chargés d’histoire et de splendeurs révolues, désormais divisés en “solares” où s’entasse la classe ouvrière de la ville.

Un patrimoine architectural à la dérive Depuis un demi-siècle, la capitale souffre du manque d’entretien et de moyens pour valoriser son patrimoine architectural. Et si La Havane tente de faire peau neuve pour les touristes, pour les Cubains, c’est toujours la même galère.

Une atmosphère magique et surannée

Pour le touriste qui se promène dans ses rues, chaque scène exige une photo. Belles voitures américaines des années 50 comme on n’en voit plus que dans les films, architecture coloniale aux murs colorés, palais en ruine, vieux révolutionnaires cigares à la bouche… Telle est l’atmosphère à la fois magique et surannée qui règne à La Havane. Le visiteur est pressé de tout immortaliser tant il a peine à croire que ce qu’il voit est réel. Il sait que maintenant, il l’a devant lui, mais que peut-être, très bientôt cela ne sera plus. La Havane, c’est un peu comme une machine à remonter le temps. D’une rue à l’autre les différentes époques de son Histoire se succèdent comme autant d’instantanés.

Entre Castro et embargo Mais pour nous, voyageurs, la plus belle aventure est humaine. Malgré Castro et l’embargo, le régime autoritaire et les privations, on n’en revient pas de découvrir cette joyeuse exubérance cubaine et surtout de recevoir un tel accueil. Après deux ou trois jours, nous vivons au rythme des sons locaux : salsa, mambo, rumba et chachacha ! Le dimanche nous assistons même à une cérémonie de santeria. A l’image de cette religion synchrétique à mi-chemin entre l’animisme africain et le catholicisme, La Havane et ses mystères nous ensorcellent. Hasta luego ! Amigo Cubano ! No te olvidaremos…

Priscillia Fattelay

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