Interview de Francis Huster : « Je crois encore à l’amour »

En 2010, Francis Huster a 63 ans, l’éternel jeune premier publie son troisième livre : “Lettre aux femmes et à l’amour”. Ni un roman, ni une autobiographie, ce recueil de pensées et de dictons permet de découvrir les fêlures et les déceptions de l’homme de théâtre : un testament amoureux ?

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Entre la pièce “Traversée de Paris” aux Bouffes Parisiens et “César, Fanny et Marius”, Francis Huster fait carton plein. Toujours très attaché au théâtre populaire, le comédien, metteur en scène et réalisateur opère un tournant engagé dans sa carrière en s’emparant de textes très forts. Côté vie privée, il est toujours aussi secret : de sa rupture avec Cristiana Reali en 2008, on ne sait presque rien. Alors, lorsqu’il publie un livre intitulé “Lettre aux femmes et à l’amour”, il nous surprend, nous intrigue. Rencontre avec un homme qui a deux passions  : le théâtre et les femmes.

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“Lettre aux femmes et à l’amour” … Tout un programme ! Pourquoi avoir voulu écrire ce livre ?
J’avais envie d’écrire un livre drôle, “à la Sacha Guitry” : un livre d’humeur et d’humour. C’est un petit clin d’oeil sympa sur l’amour en général.

Vous êtes d’ordinaire plutôt discret sur votre vie privée. Pourquoi alors vous dévoiler de la sorte ?
Je trouvais l’idée de la lettre, cette façon de s’adresser directement aux lectrices, intéressante. Mais je n’avais pas envie de m’épancher sur des choses personnelles, d’aller vers une vie privée qui était derrière moi. Je voulais avant tout faire un livre drôle !

Pourtant, ce livre semble un hommage aux femmes de votre vie…
Oui, car je crois que les femmes oublient vite à quel point elles ont pu être importantes : elles ont influencé des choix, sont la mère de vos enfants… Cela vous suit jusqu’au bout ! Ce livre est aussi pour moi une façon de dire que les hommes ne sont pas lâches. Finalement, je pense que si un couple fonctionne, c’est parce que chacun est libre d’être soi-même.

Ce livre est donc aussi à conseiller aux hommes !
C’est une bonne leçon, en effet (rires) ! Je pense qu’on a trois vies : celle de la jeunesse et de l’amour, la deuxième, où l’on est sourd et aveugle et la troisième, pour laquelle on ne garde que l’essentiel et les personnes qui vous aiment vraiment. C’est la vraie vie : celle qu’il est important de réussir !

Comment vivez-vous cela ?
Au théâtre, j’entre dans un registre nouveau pour moi. Je ne suis plus le jeune premier romantique. Je vais vers un autre répertoire, plus engagé, qui touche d’ailleurs aussi les femmes.

Le livre est parfois sombre. A-t-il été facile de se confier de cette façon ?
Je voulais rendre quelque chose au public qui m’a fait vivre, qui a été ma vie. C’est une sorte de loyauté : je voulais lui dire ce que j’avais au fond de mon coeur. Je préférais le faire de cette façon-là, plus intime, que lors d’interviews à la radio ou à la télé. Ce livre me permet de rendre un peu de ce que j’ai reçu.

Il finit sur une note optimiste. Vous croyez donc encore en l’amour…
Si je n’y croyais plus, je ne pourrais pas faire ce métier  ! Pour la personne qui se donne au spectacle, il y a beaucoup de souffrance, comme dans le sport : les heures de répétition, le travail immense à chaque pièce ou à chaque film. Mais le métier d’acteur demande quelque chose de particulier : d’être aimé. Je pense qu’on ne peut pas être aimé par le public si on ne l’est pas dans la vie. Croire en l’amour, c’est donc essentiel pour être acteur !

Pendant toute votre carrière, vous vous êtes battu pour le théâtre populaire. Pourquoi ?
Le théâtre laisse aux spectateurs, en une seule soirée, des souvenirs inoubliables. On est un peu des docteurs de l’âme : nous aidons les gens à s’échapper de leurs problèmes. Je pense que c’est le rôle même de l’Art : cimenter l’âme des gens pour qu’ils puissent cimenter leur vie. C’est un métier digne. Je mourrai comédien !

Vous semblez plus engagé dans vos rôles et mises en scènes…
Oui, je joue en ce moment “Traversée de Paris” aux Bouffes Parisiens et j’ai adapté la trilogie marseillaise de Pagnol. Cela fait plusieurs fois que je m’attaque à de grands textes. Ils plaisent beaucoup au public, avec qui c’est une véritable histoire d’amour. La tournée va d’ailleurs se prolonger. Je ne veux plus seulement interpréter des rôles, je veux être plus engagé, intellectuellement et politiquement : c’est cela la troisième partie de la vie. Je suis heureux !

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