Jean-Pierre Foucault

« LE PLUS BEL ÂGE ? C’EST L’INSTANT PRÉSENT ! »

A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Les Cigales sont de retour », Jean-Pierre Foucault nous confie sa philosophie de la vie, de l’autre côté du fil. L’un des présentateurs préférés des Français, il n’en finit pas de nous communiquer sa gaîté à la télé ou par la radio, lumière sur un homme qui ne boude pas son bonheur ! Rencontre en septembre 2006 :

Après la publication de votre autobiographie, vous publiez aujourd’hui un deuxième livre qui chante votre Provence natale. Envisagez-vous de troquer votre veste d’animateur radio et télé pour celle de l’écrivain à plein temps ?

- Honnêtement non. Le premier livre, c’est mon histoire, chacun pourrait l’écrire et le deuxième, ce sont toutes les histoires que les parents et grands-parents racontaient aux enfants avant de s’endormir. Je ne me considère pas comme un écrivain.

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Pourquoi avoir choisi d’écrire des contes et légendes provençales ?

- A cause de la télévision, on a tendance à oublier et c’est de notre faute. Maintenant, le soir autour de la table, on dit : « Tais-toi et laisse-moi regarder ! ». J’ai donc retrouvé les histoires du Midi et je les ai dépoussiérées pour que les traditions orales ne se perdent pas.

Vous évoquez entre deux contes ou légendes des souvenirs d’enfance dans lesquels les femmes (mère, tante, épouse) sont omniprésentes autour de vous. Comment expliquez-vous cela ?

- Comme je l’ai dit dans mon premier livre, j’ai perdu mon père très jeune. J’avais 14 ans. Toute ma vie, j’ai toujours été entouré de femmes, même mon chat était une chatte. Aujourd’hui avec ma femme, sa fille, ma fille, sa fille, je baigne dans un milieu féminin. Et ça ne me déplait pas du tout ! D’ailleurs, mon métier d’homme de radio et de télé est un métier de séduction. On dit que je travaille pour la ménagère de moins de 50 ans et plus… Les femmes bercent ma vie !

En revanche, en amitié vous êtes plutôt entouré d’hommes… Ne croyez-vous donc pas à l’amitié entre hommes et femmes ?

- Bien sûr que j’y crois ! Mais de mon temps, il y avait peu d’écoles mixtes. Mes copains d’enfance étaient des garçons. Et depuis toujours, j’ai conservé ces mêmes amis : j’en suis très fier ! Comme mon dernier livre le montre, je ne quitte pas mes racines. Mes amis sont à Marseille et dans le Midi. Je vais les rejoindre chaque week-end : des moments essentiels dans ma vie !

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre enfance ?

- Mon enfance est en deux parties. Elle a été courte mais heureuse jusqu’à mes 14 ans, âge auquel j’ai perdu mon père, mort dans des circonstances dramatiques. J’ai tourné la page des jours heureux et je suis devenu adulte brutalement. On m’a volé une partie de mon enfance.

Mais la première partie était familiale, choyée, gâtée : mon père, ma mère et ma tante qui habitait la maison, mes sœurs qui sont arrivées l’une après l’autre, plus jeunes que moi, habitant Marseille, au bord de la mer…Une enfance si heureuse que je m’y réfugie de temps en temps par la pensée. Puis le drame est arrivé : j’ai vieilli avant l’âge. C’est d’ailleurs pour ça que je suis entré très tôt dans la vie active, à 19 ans.

Vous êtes toujours jovial et souriant à l’antenne, n’est-ce qu’une façade ou êtes-vous toujours comme ça en privé ?

- Je suis comme ça dans la vie. Je garde mes chagrins à l’intérieur. Ce n’est pas pour ça qu’ils n’existent pas, mais je ne les affiche pas. Il n’y a pas trop de différence entre l’homme que je suis et celui que je parais être. Heureusement pour moi parce que ça me simplifie l’existence !

Que conseillez-vous contre les coups de blues ?

- Pendant 20 ans, j’ai fait cet exercice : mettre de bonne humeur des gens qui m’écoutaient à la radio. Même si j’avais des soucis, je les accrochais au porte manteau avant de rentrer dans le studio. Et en sortant, je reprenais mes soucis. Vous savez, sur l’ordinateur, il y a écrit « corbeille » : mettez-y vos soucis. Quand vous avez besoin, vous les ressortez et quand vous en avez vraiment marre : videz la corbeille !

Etes-vous un pur Marseillais ?

- En réalité, je n’ai pas de sang marseillais : mon père était du Poitou et ma mère, polonaise. Par contre, j’ai des coups de sang marseillais et je le suis dans l’âme. C’est ma ville et je ne l’ai jamais quittée !

Aujourd’hui, vous vivez entre Paris et Marseille, comment définissez-vous ces deux villes ?

- A Paris, j’ai la chance d’habiter le 17ème arrondissement dans un bel appartement avec un jardin. Tous les matins, je prends le petit déjeuner dans mon jardin. Je suis très heureux même si je n’ai pas beaucoup de loisirs. Mais mon métier me procure déjà un immense plaisir. Paris, c’est ma ville de travail, de rigueur. A Marseille, je redeviens l’adolescent que j’étais. C’est ma ville des bonheurs : l’enfance, l’amitié, l’insouciance, la liberté.

Vous allez sur vos 59 ans, comment vivez-vous le temps qui passe ?

- Je le vis très bien ! On se fait toute une montagne des années qui arrivent quand on a 20 ans. La jeunesse, c’est dans la tête ! Je vais bientôt avoir 60 ans et ça ne me perturbe pas du tout parce que je suis bien dans ma peau et bien dans ma tête.

Quel est le plus bel âge pour vous ?

- Le plus bel âge ? C’est l’instant présent !

Depuis 1975, vous n’avez jamais quitté notre petit écran, n’êtes-vous pas lassé du milieu audiovisuel ? Quelle est la recette d’une telle longévité dans un milieu où les sièges éjectables sont nombreux ?

- Non, je ne me lasse pas du milieu pour la bonne raison que je le fréquente peu. Je ne vois que rarement le showbiz et c’est ce qui me différencie peut-être de certains de mes collègues. Je ne m’y ennuie donc pas du tout. Voilà la recette de ma longévité. Quand on s’ennuie à l’antenne, ça se voit à l’image !

Aujourd’hui, qu’attendez-vous de la vie ?

- Tout ! Elle ne fait que commencer ! J’attends qu’elle me laisse plus de temps pour faire ce que je n’ai pas le temps de faire : m’occuper de mes vieilles voitures, de ma maison, de mes proches…

Envisagez-vous votre retraite ?

- J’ai plein de copains qui partent à la retraite : ils n’ont jamais été autant débordés de leur vie. Alors j’attends que la vie me déborde ! La retraite pour moi ? Pas pour l’instant. Mais le jour où je sentirai qu’il faut que je raccroche, je le ferai. Je partirai sans difficultés parce que la vie m’a gâté !

- La plus grande joie de ma vie, c’est de vivre. Mon regret : ne pas avoir pu partager cette vie avec mon père.

Quels sont vos projets pour la rentrée ?

- RTL tous les jours, 1 heure importante d’un programme nouveau dont on ne peut pas en dire grand-chose pour l’instant. Bien sûr TF1 avec des émissions spéciales : Miss France, Miss Europe et Qui veut gagner des millions ? Il y a aussi la chaîne Marseille dont je suis le président et enfin l’Olympique de Marseille où je préside le centre de formation : encore une année bien chargée !

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