Dépendance, assistance à domicile, les aides face à la perte d’autonomie

Les logements ne sont pas conçus pour les personnes ayant perdu leur autonomie. Grâce aux performances des matériels spécifiques, il est désormais plus aisé d’envisager de rester chez soi. Alors, aménager son domicile, oui, mais à quel prix ?

 

Pour qu’une personne âgée puisse rester à son domicile malgré certains troubles, le « matériel médicalisé » n’est pas toujours nécessaire, ni indispensable. Cela passe par l’aménagement astucieux du logement. L’idée ? Répondre à un double objectif : accroître l’autonomie et limiter les risques de chute. En effet, chaque année, une personne de plus de 65 ans sur trois est victime d’une chute dont les conséquences sont invalidantes, voire mortelles.

– Faciliter les déplacements dans l’habitat

Enlever les tapis, les paillassons (ou les fixer avec de l’adhésif double face) pour minimiser le risque de chute. Pour la même raison, retirer le mobilier inutile et encombrant sauf si la personne a pris l’habitude de se tenir à tel ou tel meuble pour avancer, enlever les fils ballants.

Si besoin, acheter le matériel facilitant la déambulation : canne simple, canne tripode, déambulateur fixe (cadre de marche) ou à roulettes,… le choix du matériel doit tenir compte des capacités de la personne à son domicile, et non à l’hôpital, et être fait en concertation avec le médecin et le kinésithérapeute.

– Faciliter les gestes du quotidien

- Les objets usuels (téléphone, canne, télécommande, tricot, mouchoirs, livres, magazines…) doivent être proches du point où se tient la personne, pour qu’elle n’ait pas à se lever souvent pour chercher ce dont elle a besoin.

- Installer une cuvette de toilettes assez haute pour pouvoir facilement s’asseoir et se relever ou surélever la cuvette des WC par un siège rehausseur. Adopter une chaise percée si la personne ne peut pas se déplacer facilement.

- Installer un siège de baignoire ou, si possible, une douche avec un bac peu profond, dont l’écoulement se fait directement par le sol de la salle de bains (l’accès aux baignoires et aux bacs de douche est souvent difficile, voire impossible).

- Eviter les sièges trop profonds et adopter une literie haute (ou un lit médicalisé à hauteur variable avec barrières), pour que la personne puisse se lever et se coucher facilement.

– Minimiser et prévoir les risques de chutes

- Installer des barres de maintien le long des murs, dans les toilettes et dans la salle de bains (pour se redresser dans sa baignoire ou de la cuvette des toilettes).

- Mettre des veilleuses la nuit pour éviter les chutes nocturnes

- Adopter la téléalarme ou télésurveillance (système que la personne conserve toujours sur lui qui lui permet d’appeler un service d’écoute si besoin en appuyant simplement sur un bouton. La demande de cet équipement est à faire auprès de divers organismes administratifs ou associatifs (Mairie, Conseil Général, Mutuelle, association spécialisée, …).

Anticiper la perte d’autonomie

Si les handicaps s’aggravent, les aides techniques deviennent indispensables, notamment une aide à domicile, qui devient progressivement nécessaire.

- Prévoir un bassin et un urinal pour les mictions nocturnes afin d’éviter à la personne de se lever pendant la nuit… et de chuter

- Choisir un fauteuil roulant adapté à la personne : à sa corpulence, à son handicap physique (peut-il utiliser ses bras pour tourner les roues ou préférera-t-on un fauteuil hémiplégique qui se manœuvre avec une seule main, voire un fauteuil électrique ?). Vérifier qu’il entre dans l’ascenseur avec une personne.

- Acheter un coussin anti-frottement à la taille du fauteuil roulant – si le risque d’escarres existe.

- Acheter d’éventuels petits ustensiles qui facilitent les gestes quotidiens du patient : set de table anti-dérapant pour éviter la chute du verre d’eau pendant le repas, couverts à long manche si mobilité des bras réduite, rebords d’assiettes …

Combien ça coûte ?

Si presque tous les aménagements sont possibles pour permettre à une personne dépendante de rester à son domicile, tout cela a un coût. Mais heureusement, il existe aussi des aides.

La première chose à faire est donc se renseigner, se faire conseiller et bien sur de comparer les prix (par exemple, le prix d’une planche de bain peut varier de 30 € à 50 € d’un modèle à l’autre ou d’un revendeur à l’autre !). Savoir ce qui peut être loué, ou ce qui doit être acheté, comparer le prix d’un achat et le coût d’une location sur une longue période, connaître les aides qui existent avant d’acheter, ou de se lancer dans des travaux (pour ceux-ci, même sans aide financière, demander des devis et des délais précis).

Matériel médical : l’Assurance Maladie finance dans une certaine mesure. Certains matériels médicaux, généralement standards, sont pris en charge par l’Assurance Maladie quand ils sont médicalement prescrits. Les modèles plus perfectionnés, mieux adaptés au logement, ou les matériels de confort peuvent être très onéreux.

L’Allocation Personnalisée d’Autonomie peut, en fonction des besoins du demandeur, couvrir des « aides techniques » pour l’achat d’un fauteuil roulant, de cannes, d’un déambulateur, d’un lit médicalisé, d’un lève malade, de matériel à usage unique pour incontinence…

Aménagement du logement : pensez à l’aide technique

Chaque année 2,6 millions de personnes de plus de 60 ans bénéficient d’une « aide technique » ou d’un aménagement de leur logement. La facture est parfois lourde mais des aides existent. l’Agence Nationale pour l’Amélioration de l’Habitat (ANAH) peut aider à l’aménagement spécifique du logement en subventionnant une liste de travaux (www.anah.fr) pour compenser les handicaps liés à l’âge (tels que la baisse de la vision et de l’ouïe, ou la diminution des capacités physiques), l’aide s’élève à 70 % au maximum du coût hors taxe des travaux, dans la limite d’un plafond de travaux de 8 000 €.

La Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse propose aussi une aide à l’amélioration de l’habitat. La subvention est destinée à des travaux d’adaptation ou de rénovation : élargissement des portes, poses de barres d’appui, plomberie, sanitaires, chauffage, isolation thermique et phonique.

Mouvement Pact-arim pour l’amélioration de l’habitat : cette fédération compte 142 associations membres qui peuvent proposer un diagnostic accessibilité du domicile, une aide à la recherche de financements (montage d’un plan prévisionnel combinant l’ensemble des aides auxquelles la personne a droit et soumission aux financeurs) ou encore un appui technique pour les travaux. Fédération nationale des centres Pact Arim – 27, rue de la Rochefoucauld –Paris 9 Tél : 01.42.81.97.70 ou www.pact-arim.org

Des aides financières locales peuvent également être allouées pour faciliter le maintien à domicile. Renseignements auprès de votre Centre Communal d’Action Sociale (CCAS). Vérifier également que la personne dépendante n’a pas souscrit une Assurance dépendance ou « perte d’autonomie » auprès d’une banque, d’une compagnie d’assurance, d’une mutuelle, d’une caisse de retraite et de prévoyance.

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1 commentaire - Ecrire un commentaire
  1. Bonjour,
    je découvre votre blog très intéressant.
    En complément des informations données sur l’aménagement des logements , et des aides possibles, le ministère de l’Ecologie et du Développement Durable a publié un guide sur « L’adaptation du logement aux personnes handicapées et aux personnes âgées ».
    qui détaille les aides selon les situations (locataire, propriétaire,…). Il peut être téléchargé ici : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-guide-L-adaptation.html
    Cordialement.

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