Cumul emploi-retraite : conseils

Avec l’allongement de la durée de vie et la baisse de revenus au moment de la retraite, beaucoup souhaiteraient continuer à exercer une activité professionnelle… mais comment faire ?
retraite et travail

Mais cumuler emploi et retraite est une possibilité strictement encadrée par la loi. Quelques points de repères pour ne pas se perdre dans les textes de cette nouvelle réglementation.

La loi de réforme des retraites d’août 2003, plus communément appelée Loi Fillon, a considérablement assoupli les règles du cumul emploi-retraite à compter du 1er janvier 2004.

Mais attention, ces conditions doivent être scrupuleusement respectées, au risque de voir sa pension de retraite suspendue.

Qu’est ce que le « cumul emploi-retraite » ?C’est la possibilité, pour les retraités, de toucher des revenus professionnels tout en percevant une pension de retraite.

A partir de quel âge ? Nouveauté de ce décret, et pour les pensions prenant effet à compter du 1er janvier 2004, la condition d’âge est abaissée de 60 ans à 55 ans.

Quelles conditions ?Première et inéluctable condition : mettre fin à son activité salariée. Par exception, certaines activités peuvent être conservées. Il s’agit d’activités de faible importance, à condition qu’elles ne dépassent pas 4 fois le SMIC mensuel brut. Ainsi que certaines activités accessoires, à condition qu’elles restent de faible importance : artistiques, juridiques, médicales…

Une reprise d’activité encadrée

Le jeune retraité pourra reprendre une activité chez son dernier employeur au plus tôt six mois après la date d’effet de sa pension, mais il n’aura aucun délai à respecter si la reprise d’activité se fait chez un autre employeur.

Quelles limites ?Le total des retraites de salarié et du revenu de la nouvelle activité ne doit pas dépasser le montant du dernier salaire d’activité s’entendant comme la moyenne mensuelle des revenus d’activité reçus au cours des trois derniers mois précédant la liquidation de la retraite. Certaines particularités sont prévues, en faveur des retraités. Si ce dernier exerçait avant sa retraite une activité à temps partiel, on retiendra un salaire correspondant à un temps plein. Si le dernier salaire est ancien, on utilisera alors pour le calcul de la moyenne des derniers revenus un coefficient de revalorisation. Enfin, si le dernier salaire était très faible, on retiendra un plancher équivalent au montant du SMIC.

Attention<, en cas de dépassement de cette limite, le paiement de la retraite est suspendu pendant la durée du cumul, et reprendra seulement quand la règle du cumul sera de nouveau respectée.

Comment procéder ?

Le retraité doit prévenir sa caisse de retraite de base dans le mois suivant la date de reprise d’activité, en lui indiquant le nom de son nouvel employeur, la date de reprise d’activité, ses nouveaux revenus, les autres organismes lui versant une retraite, ainsi que ses trois derniers bulletins de salaire avant la liquidation de sa retraite. Ce qui permettra à la caisse de retraite de base de vérifier que les règles sont respectées. Concernant les caisses ARRCO/AGIRC, il convient de les prévenir avant la reprise d’activité.

Et pour les commerçants, artisans et industriels ?

La reprise d’activité ne doit pas procurer de revenus supérieurs à la moitié du plafond de la Sécurité Sociale, sans avoir à prendre en compte le cumul des pensions et nouveaux revenus d’activité. Ce sont les règles générales du cumul emploi-retraite. De nombreuses particularités existent, notamment en fonction de son statut, et il est indispensable de faire une étude précise de vos droits, afin que ceux-ci ne puissent être remis en cause.

Avec 12 millions de retraités dans un pays où la culture de la pré-retraite se développait depuis des années, il va maintenant falloir compter sur les retraités et futurs retraités, qui vont se faire une place de plus en plus grande dans la population “active ?” française…


“Quinquas, les parias de l’emploi”

A l’heure où tous les médias se focalisent sur le problème du chômage chez les jeunes, avec son livre “Quinquas, les parias de l’emploi”, Alain Vincenot, journaliste et écrivain, lance un pavé dans une mare déjà bien pleine…

Temps Libre : Pourquoi ce livre “Quinquas, les parias de l’emploi ?” Quel en est l’objet ?

Alain Vincenot : Il y a quelques années un ami d’une cinquantaine d’année et cadre Sup dans une entreprise s’est retrouvé au chômage du jour au lendemain.

Ensuite ça a été la dégringolade. Lui qui était si élégant s’est subitement laissé aller. La chemise lui sortait du pantalon, il se négligeait. En effectuant quelques recherches, je me suis rendu compte que 36,8 % des 55-64 ans n’avaient pas d’activité. C’était tellement énorme !

Ce qui est choquant, c’est qu’on jette dans le fossé toute une génération juste à cause de son âge. Toute forme de ségrégation et d’injustice me révolte et ce qui m’a poussé à faire ce livre c’est le fait que contrairement à d’autres formes de discrimination (couleur, religion, orientation sexuelle…) pour le cas des quinquas, le désintérêt des personnes et des médias était absolu.

En France, l’âge est-il un véritable handicap pour trouver du travail ?

Malheureusement oui, et c’est complètement absurde, car ces personnes ont une grande expérience et un savoir faire irremplaçable. Or, ils sont reniés juste parce qu’ils ont 50 ans et plus ou parfois moins dans certaines branches.

Outre le gâchis humain que pose le problème du chômage de cette catégorie d’âge, c’est aussi et surtout un gâchis des connaissances et donc un manque à gagner économique. D’autant plus que ce phénomène de la “quinquadence” touche principalement les salariés.

Prenez un juriste par exemple. 50 ans pour un client, c’est un gage de sérieux. En politique 50 ans, c’est l’âge où on devient présidentiable (Sarkozy a 52, Ségolène Royal 53, Bayrou 55…). Pourtant, aussi absurde que cela puisse paraître, dans une entreprise, c’est la porte !

Comment en est-on arrivé là ?

En France, on part du principe que mieux vaut un quinqua qu’un jeune au chômage. Cette idée a germé avec la création du FNR qui a lancé son premier grand plan de retraite anticipée en 1963 avec les préretraites dans le secteur de la sidérurgie.

A priori ce n’était pas condamnable étant donné que ce secteur était en restructuration. Par la suite, les départs en retraite anticipée sont devenus une véritable politique qui arrangeait le patronat pour licencier sans casse, les syndicats qui pouvaient dire “Nous nous battons pour vous, pour preuve il y a moins de licenciements secs” et enfin le Gouvernement, car ces départs déguisés allégeaient les chiffres du chômage.

2 commentaires - Ecrire un commentaire
  1. Je pense qu’une autre solution serait de se reconvertir en autre chose. Les gens font rarement ce dont ils ont rêvé au début. Je pense que c’est une bonne occasion de le faire maintenant. Avant, l’emploi était une nécessité. A la retraite, c’est plus un passe-temps.

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