Vignobles bordelais : la route du vin mythique de Bordeaux

Les routes du vin de Bordeaux représentent une des premières destinations touristiques de France, avec plus de quatre millions de visites par an. Nous avons visité quelques-uns des principaux domaines viticoles à ne pas manquer lors de votre semaine sur les lieux. 

Le vignoble Bordelais - © CIVB / Philippe Roy
Le vignoble Bordelais – © CIVB / Philippe Roy

En décembre dernier, six routes du vin ont été lancées en Gironde et sont labellisées « Vignobles et Découvertes » :  Médoc ; Graves et Sauternes ; Entre-deux-Mers ; Haute Gironde, Libournais et Saint-Emilion ; Bordeaux.

Le quartier des Chartrons à Bordeaux, berceau du négoce de vin bordelais

À Bordeaux, le musée du vin et du négoce est le lieu incontournable pour débuter la route des vins bordelaise et mesurer l’ampleur de l’étendue de celle-ci. À travers plusieurs couloirs d’une cinquantaine de mètres de long, l’histoire du négoce des vins bordelais – qui tire ses racines de l’Antiquité – vous est expliquée par un guide. Une visite du quartier des chartrons s’impose par la suite. Ici, de nombreux négociants en vin tenaient des chais et habitaient des logements souvent cossus, comme ceux que l’on aperçoit dans la cour des Chatrons, datant du XIXème siècle.

Le saviez-vous? La qualité du bouchon est importante pour conserver la qualité du vin

Graves et Sauternes

Chateau Bardins : Petit domaine de dix hectares installé depuis le 13ème siècle, le Château Bardins produit essentiellement du rouge. « Notre culture est biologique, nous n’utilisons pas d’insecticide ni d’herbicide. Nous n’appartenons toutefois pas au label agriculture biologique » assure Pascale Laroche, guide à l’origine des « Ateliers de Bardins ». Cette dernière, ainsi que la propriétaire, Stella Bernardy de Sigoyer, vous accueillent pour une heure de visite en groupe ou en famille, avec des ateliers ludiques, des explications concernant la fabrication du vin mais aussi des balades à vélo dans le vignoble (fournis sur place, dont des vélos électriques).

Chemin de la Matole, 33140 Cadaujac.

Tonnellerie du Château Smith Haut Lafitte - © Gérard Naveau
Tonnellerie du Château Smith Haut Lafitte – © Gérard Naveau

Smith Haut-Laffite est un grand cru classé de Graves et Sauternes. Avec ses 78 hectares d’un seul tenant, ce domaine a été acquis en 1990 par Florence et Daniel Cathiard (anciens champions de ski et anciens propriétaires, notamment, de Go Sport). Ici, les vendanges se font à la main. Après avoir passé dix-huit mois en barriques, fabriquées en partie sur place par un tonnelier, la symbiose entre le vin et le chêne est opérationnelle pour un vin souple, élégant et rond. « La qualité du tanin est liée à la qualité des vendanges. Les trois derniers jours avant la récolte sont les plus importants pour passer d’un bon vin à un vin exceptionnel » affirme une guide sur place.

33650 Martillac

À deux minutes en voiture, le Château Haut Bailly est un grand cru renommé de Graves et Sauternes, propriété de l’américain Robert G. Wilmers depuis 1998. Les trente hectares de vignes de ce superbe domaine donnent 150 000 bouteilles par an. Décor très chic, à la française, initiales HB sur les portes du chai, vignes parfaitement entretenues… lorsque l’on arrive à Haut-Bailly, on apprécie immédiatement l’élégance du lieu. Particularité de ce domaine qui emploie 25 personnes, des tables privées sont organisées sur réservation. Il est ainsi possible de réserver le rez-de-chaussée du château pour profiter, à partir de quatre personnes, d’un déjeuner ou d’un dîner élaboré par le chef à demeure. Depuis le cocktail sur la terrasse jusqu’au café au coin de la cheminée, tout est pensé pour vous permettre de savourer la vue sur les vignes. Pour poursuivre l’expérience après le dîner, le Château Le Pape (appartenant au même propriétaire) propose des chambres d’hôtes raffinées, dans une chartreuse du XVIIIème rénovée pendant trois ans dans les règles de l’art.


103, avenue de Cadaujac, 33850 Léognan

Partons maintenant à 20 km de là, de l’autre côté de la Garonne, au Château Lamothe, à Haux. Anne Neel, propriétaire de ce superbe domaine familial acquis en 1956, exploite 77 hectares de vignes produisant du rouge essentiellement, du blanc sec ou liquoreux et enfin du clairet, spécialité bordelaise entre le rosé et le rouge. Nous avons adoré la cuvée Valentine 2011, encore un peu vif mais très velouté malgré son côté tannique. Lors de votre visite, sur rendez-vous, vous pourrez découvrir sous le château et ses grands jardins surélevés, des carrières aussi impressionnantes qu’anciennes. Phénomène étonnant à observer : les murs noircis par le vin qui s’évapore peu à peu des barriques en bois conservées ici (on appelle cela la « part des anges »). Ici, la visite, chaleureuse et instructive, est gratuite s’il s’agit d’un petit groupe (moins de dix personnes).

295, chemin de l’Église, 333350 Haux

Château Haut Bailly

Entre-deux-mers

L’Entre-Deux-Mers est encerclé sur la rive droite par la Garonne et la Dordogne.  À Saint-Léon, derrière d’épaisses grilles métalliques, un château héberge la famille de Roquefeuil depuis neuf générations : le Château de Castelneau. Ici, cent hectares de vignes d’un seul tenant entourent cette bâtisse du XVIème siècle qui a servi de forteresse, notamment pendant la Révolution. Loïc de Roquefeuil, propriétaire des lieux, accueille les visiteurs pour une découverte du domaine, du chai (essentiellement du vin rouge, mais aussi du blanc liquoreux et du clairet) durant une heure trente et suivi, bien sûr, d’une dégustation. L’aile Est du château sera bientôt dédiée à de belles et vastes chambre d’hôte, notamment dans la tour. Une autre partie est déjà ouverte et permet de recevoir un groupe de dix personnes avec de très nombreuses chambres, un grand salon, une belle cuisine, des cheminées.

8, route de Treuil, 33670 Saint-Léon

Libournais et Saint-Emilion

Saint-Émilion est un village mondialement connu pour son vignoble -on compte pas moins de 800 propriétés aux alentours- et vaut vraiment le détour. On y accède par une côte abrupte, avec vue imprenable sur les plans de vignes. L’espace d’un instant, on a l’impression d’accéder à Montmartre. Chargé d’histoire, ce village est très prisé par les touristes. L’idéal pour profiter du lieu sans trop de monde est donc le début du printemps.

Nous avons visité le Château Guadet, au coeur du village. Peu visible à première vue, une porte massive abrite une bâtisse acquise au XIXème siècle par la famille Lignac, alors propriété du député Elie Guadet. Ici, pas de vignes, celles ci sont en dehors du village, mais sous la propriété on compte des centaines de mètres de carrières souterraines datant du 18ème siècle. Il y en a 820 au total dans et autour de Saint-Émilion ! Vincent Petrus Lignac, directeur technique au Château et fils du propriétaire Guy Petrus Lignac, est fier de son vin élevé 12 à 21 mois en barrique en chêne et affirme pratiquer l’agriculture biodynamique depuis six ans. La recette d’un grand cru ? «  Le plus important pour du bon vin, comme en cuisine, ce sont les ingrédients » lance -t-il.

Saint-Émilion compte près de 200 km de carrières

À dix minutes de là, Jean-Louis Vicard, tonnelier charentais, a racheté une propriété de 13 hectares pour en faire un vignoble premium : il s’agit du Château de Candale. « Ici, nous voulons créer une relation de passionné  à passionné, pas forcément des experts mais des personnes qui s’intéressent à la vinification » explique Valentin Biffi, en charge de l’oenotourisme au Château. Français, Belges, Néerlandais, Australiens ou encore Asiatiques viennent suivre ses visites du domaine.

Vous l’aurez compris : le vignoble bordelais vous fera passer un séjour mémorable, entre dépaysement, dégustation et découverte de la fabrication du vin. Vous apprendrez notamment comment se déroule la fermentation, le décuvage, l’assemblage et l’élevage.

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